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Découvrez le témoignage de Julien Capone, fondateur du projet GRIZZ

  • 13 juin 2018
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  • Catégorie : Interviews, témoignages & portraits
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  • Auteur : Camille PARIS
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Découvrez le témoignage de Julien Capone, fondateur du projet GRIZZ

Après un DUT Métiers du Multimédia et de l'Internet à l'IUT de Vélizy, Julien Capone, poursuit ses études dans le multimédia au Québec. A la suite d'une année de travail en tant que développeur à Paris, il reprend ses études et intègre le Master en création et édition numériques de Paris 8. En 2014, ses études terminées, il décide de se lancer dans l'entreprenariat et de monter le projet GRIZZ. 


Parlez-nous de votre concept.
Pendant ma dernière année d'études, j'ai travaillé avec d'autres camarades de classe sur les vêtements connectés. Ce qui existait était encore beaucoup à l'état de prototype et très peu de produits avaient réussi à percer. De plus, ceux qui avaient réussi à percer, n'arrivaient pas forcément à se vendre car les entreprises n'avaient pas réfléchi au besoin des clients. 

Nous avons donc essayé de ressortir un besoin et d'offrir un objet qui puisse vraiment être un plus pour certaines personnes. Après de longues recherches, nous avons conclu que les personnes déficientes visuelles avaient des difficultés à se déplacer vers un lieu inconnu. Les GPS audio de l'époque n'étaient pas forcément pratiques car il fallait utiliser des oreillettes, en plus ils coûtaient une fortune. Nous avons donc essayé d'imaginer avec eux une nouvelle manière de donner des informations par un autre sens que l'ouïe. Et nous avons tenté de donner les informations de direction par le toucher (via des vibrations) et ça a fonctionné ! Nous avons donc décidé, en octobre 2014, de nous lancer dans une aventure entrepreneuriale sans trop savoir ce qui nous attendait.


Comment l'envie d'entreprendre vous est-elle venue ?
Depuis le début de mes études supérieures, je savais que j'avais envie d'entreprendre. Mais je pensais plutôt ouvrir une société de services informatiques, avec mes propres serveurs, etc. C'était resté à l'état d'embryons, dans un coin de ma tête. Lorsque nous avons commencé à concevoir GRIZZ, je me suis dit : " Il y a quand même un bon potentiel avec ça et enfin un produit connecté qui va vraiment servir ". L'enthousiasme des profs de notre master était aussi très important et ils nous ont beaucoup aidé à démarrer grâce à une bourse Jeune Création d'Entreprise  et à un accompagnement de 6 mois dans les incubateurs de Paris & Co.


Qu'est-ce qui vous apporte le plus de satisfaction en tant qu'entrepreneur ?
Ce qui m'apporte le plus de satisfaction dans mon métier, c'est d'avoir encore une casquette très pluridisciplinaire. Encore aujourd'hui, je dois toucher à tout et c'est vraiment passionnant et aussi très formateur.


A quelles difficultés avez-vous fait face  ?
Les difficultés auxquelles nous devons faire face pour créer une organisation sont innombrables. Il faut être assez fort psychologiquement. Mais si je devais en citer trois, je dirais :

    -  Ce n'est pas un monde de bisounours et tout n'est pas aussi magnifique que les médias veulent vous le faire croire (eh oui, je me dois de vous prévenir). On vous vend la bienveillance des gens entre eux et le succès, mais vous allez surtout devoir vous battre contre les autres pour y arriver. Et tous les coups sont permis ! Nous, nous en avons pris beaucoup. Nous ne les avons jamais rendus. Ce n'est pas dans nos valeurs. Nous pensons qu'il est possible de réussir sans devoir être malveillants.
    -  Si vous avez travaillé sur un projet pendant vos études et que vous souhaiter le transformer en entreprise, vous n'êtes pas obligé de monter cette entreprise avec vos camarades de classes. Au début, nous étions cinq étudiants du master à travailler sur le projet après nos études. On est passé à trois dès le premier mois et à deux par la suite.
   -  Les finances sont importantes. Ne partez pas dans une aventure entrepreneuriale sans financement (bourse, aide familiale, financement participatif…). Nous avons rencontré très régulièrement des personnes ayant travaillé pendant 2 ans dans une entreprise, puis parties en rupture conventionnelle pour travailler pendant 2 ans sur leurs projets avec leurs allocations chômages. Et aujourd'hui, malheureusement, pour se financer dans les premières années, il n'y a pas grand-chose. Si vous sortez des études, il va falloir accepter de ne pas être payé pendant 2 à 3 ans. Et travailler à côté à mi-temps sur votre projet peut être une solution mais croyez-moi, vous aurez beaucoup de mal à avancer dessus.


Avez-vous été accompagné dans vos démarches de création d'entreprise ? 
Nous avons été accompagnés par plusieurs structures. Tout d'abord, par 
IDEFI-Création grâce à leur prix Jeune Création d'Entreprise organisé tous les ans en juin. Dans ce prix, nous avions une bourse de 5000 euros et une intégration de six mois dans un incubateur de Paris & Co. Ce fût une très bonne entrée en matière dans le monde dans l'entreprenariat. Par la suite, nous avons été accélérés par le SchooLab et ensuite, nous avons intégré le Comptoir de l'Innovation à Montreuil. Nous gardons un très bon souvenir avec ces structures qui vous aident beaucoup pour faire avancer votre projet.


Comment se porte votre entreprise aujourd'hui ? Quels sont les projets à venir ?
Aujourd'hui, en juin 2018, beaucoup de choses se sont passés, ont évolué sur le projet. Et le constat est assez simple. La technologie dans les vêtements arrivera dans quelques années, c'est sûr, mais aujourd'hui, il faut apprendre au public ce que ces technologies peuvent apporter et surtout, ne pas apporter un surcoût important aux vêtements. Nous travaillons actuellement avec une marque de vêtements basé à Saint-Denis pour intégrer notre technologie dans leurs vêtements. Pour le moment, nous visons plutôt le B2B mais nous pensons apporter cette solution assez rapidement pour le grand public. Je ne peux pas forcément encore donner de date de sortie. Mais ça viendra. Un objet technologique, il faut environ entre 3 à 5 ans pour réussir à le sortir dans le commerce. Et nous n'en sommes plus très loin.


Quels conseils donneriez-vous à un jeune diplômé qui souhaite se lancer dans l'aventure de l'entreprenariat ?
Il y en a beaucoup que je peux donner. Vraiment. Mais encore une fois, je vais donner les trois conseils les plus importants :
    -  Parlez de votre idée ! C'est la meilleure chose que vous puissiez faire. Non, on ne vous piquera pas votre idée. Dans le monde, il y a au moins cinq personnes qui ont aussi votre idée. Entre l'étape de l'idée et de la concrétisation, il y a un monde. Et parler de votre idée vous permettra de rentrer en relation avec d'autres personnes et même parfois elles vous aideront sur votre projet pour le faire avancer.
    -  Votre idée va évoluer et il faut apprendre à l'accepter. Vous avez sûrement une très bonne idée mais elle n'est pas forcément adaptée au marché et à ce que les gens attendent. Il y a des méthodes pour savoir si ça va valoir le coup ou non. L'étude de marché va être très importante. Et si cette étude vous dit que non, ça marchera pas, n'y allez pas. Cependant, elle vous dira surement aussi que si vous faisiez plutôt ça comme ça pour ce type de personne, alors oui, là, il y a un vrai besoin. Après, à vous de décider si vous avez envie de suivre cette direction (qui peut être parfois contraire à vos valeurs). Ne restez pas borné dans votre idée, si l'étude de marché vous dit le contraire, c'est la meilleure façon d'échouer.
   -  Ecoutez vos proches. Au bout d'un moment, vous allez être tellement obnubilé par votre projet que vous allez finir par mettre de côté vos ami-e-s, votre famille ou votre couple. Ils auront beau vous parler, vous semblerez absent, très stressé… Vous ne les écouterez pas. Jusqu'au jour où le couperet viendra vous remettre les pieds sur Terre. Attention, la chute peut être assez brutale. Soyez prudent et attentif à ce que vos proches vous disent.


Pour en savoir plus sur l'entreprise de Julien Capone, rendez-vous sur : https://www.grizz.me

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Auteur :
Camille PARIS

Diplômé
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